premier son brouillon

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premier son brouillon

Je ferme les yeux sur des pages froissées, j’écris sans plume, sans passé. L’amour, je l’ai vu partir sans bruit, puis revenir… sous d’autres habits. Je crois aux silences qui consolent, à l’ombre douce au fond des paroles. J’ai rêvé d’un monde où les cœurs ont des ailes, mais j’ai croisé souvent des anges sans chandelle. J’me parle à moi-même, je deviens prière, les yeux ouverts… mais tournés vers la lumière. Je crois encore, même quand tout vacille, je tends la main quand le ciel se défile. Et si Dieu m’oublie… je l’attendrai, comme on attend la mer, au milieu du sablier. Je crois encore, même si parfois je plie, j’ai mis mes larmes au bord d’un cri. Sur scène, comme Mylène, je parle de mes douleurs… Mais pas pour de la peine. J’ai appris à respirer dans l’ombre, à écouter le vent sous les décombres. L’enfance, c’est une chambre sans clef, et l’adulte, un mur où j’me suis cognée. Je porte des croix que personne ne voit, des envies de croire à ce qui ne se dit pas. Un soupir d’Innamoramento, une lumière froide dans un tempo lent. [Pont – parlé lentement] Ponce Pilate lave ses mains, et moi je garde les miennes sales de chagrin. Mais je prie. Je prie quand même. Pour mes parents, pour demain. [Refrain – plus intime] Je crois encore, même quand tout vacille, je tends la main quand le ciel se défile. Et si Dieu m’oublie… je l’attendrai, comme on attend la mer, au milieu du sablier. Je crois encore, même si parfois je plie, j’ai mis mes larmes au bord d’un cri. Sur scène, comme Mylène, je parle de mes douleurs… Mais pas pour de la peine. Optimistique, moi ? Peut-être un peu… Quand l’amour me frôle sans faire de vœu. Je danse immobile sous la pluie du dedans, mon corps frissonne au rythme des absents. On m’a dit que l’âme avait des reflets d’argent, mais la mienne ressemble à un enfant. Je ne cherche pas le pardon des cieux, juste une étoile un peu moins silencieuse. Parfois j’envoie des prières sans adresse, elles flottent… comme une robe qu’on délaisse. Je crois encore, même si je mens parfois, je crois en Lui, même quand j’le vois pas. J’ai mis mes doutes dans des tiroirs de soie, j’les ouvre le soir, et je chante tout bas. Sur scène, comme Mylène, on parle de nos douleurs… Mais pas pour de la peine. Pour l’écho. Pour les âmes qu’on promène. Optimistique, moi… Je sais pas. Mais j’ai l’envie de croire encore… Juste assez pour ne pas m’éteindre.

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