Nuit épaisse, lampadaires qui tremblent comme des témoins,

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Nuit épaisse, lampadaires qui tremblent comme des témoins,

Nuit épaisse, lampadaires qui tremblent comme des témoins, Bitume froid, j’compte les ombres, elles murmurent mon nom au loin. Les murs parlent en silence, tags griffés comme des cicatrices, Chaque coin cache une histoire, souvent sale, jamais propice. J’ai grandi là où les rêves se vendent pour un billet froissé, Où les regards sont lourds, où la confiance est un mot cassé. Les sirènes chantent la peur, bercent les âmes insomniaques, Ici même les gosses savent que l’innocence est fragile, opaque. Les potes tombent un par un, avalés par l’ciment, Promesses envolées, comme fumée dans le vent. Y’a du sang dans les souvenirs, des larmes dans les regards, On avance sans lumière, guidés par l’instinct et l’hasard. J’écris pour pas sombrer, pour donner un sens au chaos, Chaque rime est une arme, chaque mot porte son fardeau. La rue m’a tout appris, même à sourire dans la haine, À marcher droit dans l’noir sans montrer que j’ai d’la peine. Le cœur blindé, mais l’âme fissurée sous la surface, On survit, on encaisse, chacun joue bien son rôle en place. Dans ce décor de béton où les anges perdent leurs ailes, Même les rêves les plus purs finissent en nouvelles cruelles.

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4 months ago

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