đŸŒ«ïž Titre : Trop de Silence

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đŸŒ«ïž Titre : Trop de Silence

đŸŒ«ïž Titre : Trop de Silence Ça commence dans une chambre trop grande pour un corps trop petit, dans un matin oĂč la lumiĂšre ne protĂšge de rien. Des doigts Ă©trangers aux gestes d’enfants, un brouillard posĂ© sur une mĂ©moire qui n’avait mĂȘme pas eu le temps de se faire. Une innocence pliĂ©e, rangĂ©e, jamais retrouvĂ©e. Les annĂ©es montent comme des Ă©tages sans ascenseur, chaque marche un peu plus lourde, chaque marche un peu plus froide. On apprend Ă  fermer les yeux en plein jour, Ă  sourire assez longtemps pour que personne ne cherche Ă  comprendre. On devient expert Ă  disparaĂźtre juste assez pour ne blesser personne avec sa propre douleur. La solitude se colle Ă  la peau comme une seconde chemise, mĂȘme entourĂ©, mĂȘme en parlant. On apprend Ă  faire semblant d’aller bien comme on apprend Ă  respirer sous l’eau : pas longtemps, mais assez pour que ça passe. Les nuits s’empilent, les souvenirs griffent, les rĂȘves s’enfuient, et pourtant le corps continue d’avancer par habitude, pas par envie. Et puis vient maintenant. Ce maintenant qui gratte comme une corde trop serrĂ©e. Un cƓur qui bat trop vite dĂšs que tout s’éteint, un souffle qui tremble dĂšs qu’on ferme la porte derriĂšre soi. On regarde les autres vivre avec une facilitĂ© insolente, et on se dit que peut-ĂȘtre, on n’a jamais vraiment su comment faire. Alors ça explose. Pas en cris. En trop-plein. En phrases qu’on retient jusqu’à s’en mordre la langue. En “ça va” qu’on balance automatiquement, alors que rien ne tient. Et un soir, on sent la fissure sous la peau, celle qui ne veut plus se cacher. Le corps pĂšse, les doigts tremblent, la gorge brĂ»le d’avoir avalĂ© trop de silence, trop de souvenirs qui n’appartenaient pas Ă  un enfant, trop de fatigue qui n’appartient Ă  personne d’autre que soi. Alors on lĂąche. Pas parce qu’on veut, mais parce qu’il reste plus de place nulle part. On a tout portĂ©, tout encaissĂ©, tout recousu sans fil. On finit par dire ce qu’on n’a jamais dit, pas pour qu’on comprenne, mais pour ne plus ĂȘtre seul dedans. On laisse tomber tout ce qu’on tenait depuis trop longtemps. Et quand ça sort enfin, les Ă©paules s’effondrent, le monde tourne, les yeux piquent, et on rĂ©alise Ă  quel point on avait mal, depuis toujours, et qu’on en a juste plus la force.

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7 months ago

đŸŒ«ïž Titre : Trop de Silence Ça commence dans une chambre trop grande pour un corps trop petit, dans un matin oĂč la lumiĂšre ne protĂšge de rien. Des doigts Ă©trangers aux gestes d’enfants, un brouillard posĂ© sur une mĂ©moire qui n’avait mĂȘme pas eu le temps de se faire. Une innocence pliĂ©e, rangĂ©e, jamais retrouvĂ©e. Les annĂ©es montent comme des Ă©tages sans ascenseur, chaque marche un peu plus lourde, chaque marche un peu plus froide. On apprend Ă  fermer les yeux en plein jour, Ă  sourire assez longtemps pour que personne ne cherche Ă  comprendre. On devient expert Ă  disparaĂźtre juste assez pour ne blesser personne avec sa propre douleur. La solitude se colle Ă  la peau comme une seconde chemise, mĂȘme entourĂ©, mĂȘme en parlant. On apprend Ă  faire semblant d’aller bien comme on apprend Ă  respirer sous l’eau : pas longtemps, mais assez pour que ça passe. Les nuits s’empilent, les souvenirs griffent, les rĂȘves s’enfuient, et pourtant le corps continue d’avancer par habitude, pas par envie. Et puis vient maintenant. Ce maintenant qui gratte comme une corde trop serrĂ©e. Un cƓur qui bat trop vite dĂšs que tout s’éteint, un souffle qui tremble dĂšs qu’on ferme la porte derriĂšre soi. On regarde les autres vivre avec une facilitĂ© insolente, et on se dit que peut-ĂȘtre, on n’a jamais vraiment su comment faire. Alors ça explose. Pas en cris. En trop-plein. En phrases qu’on retient jusqu’à s’en mordre la langue. En “ça va” qu’on balance automatiquement, alors que rien ne tient. Et un soir, on sent la fissure sous la peau, celle qui ne veut plus se cacher. Le corps pĂšse, les doigts tremblent, la gorge brĂ»le d’avoir avalĂ© trop de silence, trop de souvenirs qui n’appartenaient pas Ă  un enfant, trop de fatigue qui n’appartient Ă  personne d’autre que soi. Alors on lĂąche. Pas parce qu’on veut, mais parce qu’il reste plus de place nulle part. On a tout portĂ©, tout encaissĂ©, tout recousu sans fil. On finit par dire ce qu’on n’a jamais dit, pas pour qu’on comprenne, mais pour ne plus ĂȘtre seul dedans. On laisse tomber tout ce qu’on tenait depuis trop longtemps. Et quand ça sort enfin, les Ă©paules s’effondrent, le monde tourne, les yeux piquent, et on rĂ©alise Ă  quel point on avait mal, depuis toujours, et qu’on en a juste plus la force.

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