L'Eau Parle

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L'Eau Parle

Ça commence en soupir. Un soupir qui dégouline. Un battement de nuage, un frisson dans l’échine. Le vent se glisse entre les murs comme une pensée qu’on n’a pas dite, mais qu’on sent vibrer. Le ciel se ride. Le bleu devient cendre. Les arbres plient comme des prières qu’on désapprend à tendre. L’air s’alourdit d’un sel qu’on n’ose pas goûter. Quelque chose approche. Quelque chose veut parler. Et puis — elle tombe. La pluie. Pas des gouttes. Des syllabes. Des caresses en chute libre. Des coups de langue sur les vitres. Elle claque, elle glisse, elle scande. Elle dit sans dire. Elle gifle sans blesser. Elle aime. Mais sans aimer. Chaque frappe sur la tôle est une phrase inconnue, chaque flaque est un miroir qui reflète l’oubli nu. Les pavés soupirent, les toits s’enrhument, et le monde entier sent l’algue, la boue, la brume. La mer répond en grondant plus bas. Une réponse qu’aucun dieu ne traduit. Un langage de masse, d’éclat, où le silence fait le bruit. Les vagues déboulent comme des rumeurs de guerre, elles mordent la terre avec des crocs de lumière. Elles n’excusent rien. Elles lavent. Elles ruinent. Elles effacent les traces comme on déchire une ligne. Y’a du feu dans l’eau. Des soupirs dans la foudre. Un piano noyé sous des nappes de boue sourdes. Et pourtant… un parfum. Un éclat dans l’averse. Un souvenir qui flotte entre deux notes de travers. Pas un nom. Pas une image. Juste un reflet de passage qui sait, sans dire, et qui reste, sans paraître. Les mouettes tournent. Le ciel bâille. Le tonnerre parle en vers. Le vent balance ses strophes, éparpille ses vers d’éclairs. Et elle est là, peut-être, dans un creux, dans une césure, dans une montée de violon brisée par une mesure. Dans la houle d’un mot que l’eau seule comprend. Dans le soupçon de chaleur entre deux souffles tremblants. Elle est dans l’écho des bourrasques, dans les gouttes qui dansent, dans ce frisson discret qu’on reçoit en silence. Elle est dans ce bruit qu’on n’écoute jamais. Mais qu’on sent. Qu’on sait. Qu’on devine. Qu’on garde. Comme on garde une lumière dans une cave d’orage. Et tout continue. Les vagues s’écrasent. La pluie dévore. L’orage s’épuise. Mais l’eau parle encore.

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1 year ago

Ça commence en soupir. Un soupir qui dégouline. Un battement de nuage, un frisson dans l’échine. Le vent se glisse entre les murs comme une pensée qu’on n’a pas dite, mais qu’on sent vibrer. Le ciel se ride. Le bleu devient cendre. Les arbres plient comme des prières qu’on désapprend à tendre. L’air s’alourdit d’un sel qu’on n’ose pas goûter. Quelque chose approche. Quelque chose veut parler. Et puis — elle tombe. La pluie. Pas des gouttes. Des syllabes. Des caresses en chute libre. Des coups de langue sur les vitres. Elle claque, elle glisse, elle scande. Elle dit sans dire. Elle gifle sans blesser. Elle aime. Mais sans aimer. Chaque frappe sur la tôle est une phrase inconnue, chaque flaque est un miroir qui reflète l’oubli nu. Les pavés soupirent, les toits s’enrhument, et le monde entier sent l’algue, la boue, la brume. La mer répond en grondant plus bas. Une réponse qu’aucun dieu ne traduit. Un langage de masse, d’éclat, où le silence fait le bruit. Les vagues déboulent comme des rumeurs de guerre, elles mordent la terre avec des crocs de lumière. Elles n’excusent rien. Elles lavent. Elles ruinent. Elles effacent les traces comme on déchire une ligne. Y’a du feu dans l’eau. Des soupirs dans la foudre. Un piano noyé sous des nappes de boue sourdes. Et pourtant… un parfum. Un éclat dans l’averse. Un souvenir qui flotte entre deux notes de travers. Pas un nom. Pas une image. Juste un reflet de passage qui sait, sans dire, et qui reste, sans paraître. Les mouettes tournent. Le ciel bâille. Le tonnerre parle en vers. Le vent balance ses strophes, éparpille ses vers d’éclairs. Et elle est là, peut-être, dans un creux, dans une césure, dans une montée de violon brisée par une mesure. Dans la houle d’un mot que l’eau seule comprend. Dans le soupçon de chaleur entre deux souffles tremblants. Elle est dans l’écho des bourrasques, dans les gouttes qui dansent, dans ce frisson discret qu’on reçoit en silence. Elle est dans ce bruit qu’on n’écoute jamais. Mais qu’on sent. Qu’on sait. Qu’on devine. Qu’on garde. Comme on garde une lumière dans une cave d’orage. Et tout continue. Les vagues s’écrasent. La pluie dévore. L’orage s’épuise. Mais l’eau parle encore.

1 year ago

sombre poésie SICK 👻 Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯

1
7 months ago

SHOTS FIRED 🔫

Amour ❤️‍🔥 Dur 👊 Redressement 👌 (original: Love ❤️‍🔥 Hard 👊 Straightenin' 👌) Bars: Dope 🔥 Delivery: Dope 🔥 Impression: Perfect 💯

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