Je(ux) Onirique(s)
Je suis né dans un rêve qui n’avait pas sommeil, entre les bras d’une aube qui tremblait d’exister, et les griffes d’une nuit qui refusait de lâcher prise. J’ai grandi entre deux mondes — l’un qui ment avec beauté, l’autre qui cogne avec méthode. Et j’ai appris à marcher sur les deux. Le rêve ? C’est un mensonge si parfait qu’on le supplie de rester. C’est une promesse qu’on serre dans le noir comme si ça pouvait nous tenir lieu de lumière. Mais un jour, même les plus beaux mensonges se réveillent. Et le rêve, quand il meurt, laisse place au silence — et au sang sur les draps. Cauchemar ? C’est pas l’homme au couteau, c’est la voix qu’on aime qui dit : "Je te connais plus." C’est pas la chute — c’est la certitude qu’on l’a méritée. J’ai vu des poèmes se pendre aux poignées des souvenirs, des métaphores hurler dans l’oreiller, et des vers mourir dans la bouche parce qu’ils avaient dit trop vrai. Moi je suis le fruit d’un rêve qui a trop duré. D’un cauchemar que j’ai appris à tutoyer. J’ai gravé des cris dans le velours des brumes, et tatoué mes plaies sur la peau de l’invisible. Je ne suis pas lucide. Je suis éveillé dans un monde qui dort. Je ne suis pas fort. J’ai juste appris à tomber avec grâce. Chaque rêve est une drogue, chaque réveil un sevrage. Chaque nuit, je mens pour croire que je suis vivant. Chaque matin, je mens pour croire que je l’ai voulu. L’amour ? C’est un rêve qui feint d’avoir oublié qu’il était inventé. Et parfois, on l’aime encore plus quand il ment bien. Mais même les rêves les plus doux laissent des bleus au réveil. La haine, elle, est honnête. Elle frappe sans promesse. Et c’est pour ça qu’elle dure. Poésie ? C’est pas du beau. C’est du vrai qui s’habille propre pour pas faire peur. C’est la seule chose qui parle quand plus personne écoute. C’est l’arme des muets, l’écho des fous, le rêve de ceux qui savent que le rêve ment, mais qui rêvent quand même. Et moi ? Je suis pas là pour raconter. Je suis là pour laisser une trace. Pas un mot bien tourné — une morsure dans la syntaxe. Un vers qu’on relit parce qu’il fait mal, et qu’on garde parce qu’il soigne. Je suis pas né pour dormir tranquille. Je suis né pour écrire l’insomnie des anges.
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Je suis né dans un rêve qui n’avait pas sommeil, entre les bras d’une aube qui tremblait d’exister, et les griffes d’une nuit qui refusait de lâcher prise. J’ai grandi entre deux mondes — l’un qui ment avec beauté, l’autre qui cogne avec méthode. Et j’ai appris à marcher sur les deux. Le rêve ? C’est un mensonge si parfait qu’on le supplie de rester. C’est une promesse qu’on serre dans le noir comme si ça pouvait nous tenir lieu de lumière. Mais un jour, même les plus beaux mensonges se réveillent. Et le rêve, quand il meurt, laisse place au silence — et au sang sur les draps. Cauchemar ? C’est pas l’homme au couteau, c’est la voix qu’on aime qui dit : "Je te connais plus." C’est pas la chute — c’est la certitude qu’on l’a méritée. J’ai vu des poèmes se pendre aux poignées des souvenirs, des métaphores hurler dans l’oreiller, et des vers mourir dans la bouche parce qu’ils avaient dit trop vrai. Moi je suis le fruit d’un rêve qui a trop duré. D’un cauchemar que j’ai appris à tutoyer. J’ai gravé des cris dans le velours des brumes, et tatoué mes plaies sur la peau de l’invisible. Je ne suis pas lucide. Je suis éveillé dans un monde qui dort. Je ne suis pas fort. J’ai juste appris à tomber avec grâce. Chaque rêve est une drogue, chaque réveil un sevrage. Chaque nuit, je mens pour croire que je suis vivant. Chaque matin, je mens pour croire que je l’ai voulu. L’amour ? C’est un rêve qui feint d’avoir oublié qu’il était inventé. Et parfois, on l’aime encore plus quand il ment bien. Mais même les rêves les plus doux laissent des bleus au réveil. La haine, elle, est honnête. Elle frappe sans promesse. Et c’est pour ça qu’elle dure. Poésie ? C’est pas du beau. C’est du vrai qui s’habille propre pour pas faire peur. C’est la seule chose qui parle quand plus personne écoute. C’est l’arme des muets, l’écho des fous, le rêve de ceux qui savent que le rêve ment, mais qui rêvent quand même. Et moi ? Je suis pas là pour raconter. Je suis là pour laisser une trace. Pas un mot bien tourné — une morsure dans la syntaxe. Un vers qu’on relit parce qu’il fait mal, et qu’on garde parce qu’il soigne. Je suis pas né pour dormir tranquille. Je suis né pour écrire l’insomnie des anges.
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