Anthropoésie
Anthropoésie Je suis l’homme que le trottoir n’a pas su digérer. Je suis la poussière qui monte à la gorge du béton quand il tousse. Je suis le débris d’une promesse, échoué au bord d’un monde trop bien rangé. Je dors dans des alcôves d’air où l’on étouffe sans bruit. Je dors dans l’œil vide des vitrines, où chaque reflet me rend plus flou qu’hier. Mes draps sont faits de silence — douze syllabes de vide par nuit. Et quand le vent me parle, il m’appelle par mon nom d’avant, celui qu’j’ai laissé s’éteindre entre deux gorgées de rien. J’fais pas la manche, j’fais le deuil. De vos regards. De vos “bonjour”. De vos “ça va ?” qui n’attendent pas d’réponse. Je suis l’homme en trop dans vos angles morts. L’excès de réel dans vos lendemains tièdes. Je suis l’ivresse de la chute, celle qui n’a pas d’fin, juste des recoins plus froids à chaque étage. J’ai la langue fendue par des mots qu’j’ose plus scander. Des verbes à l’imparfait du respect. Des adjectifs sans sujet. Des compléments d’objet sans objet du tout. J’ai la syntaxe défaite, mais j’parle encore. Et chaque mot que j’prononce est un vestige de l’homme que j’étais. Ma bouche est une bibliothèque brûlée. Y reste que l’écho des cendres. J’crache des images que personne n’encadre. J’fais de l’art dans des marges que personne lit. J’suis pas poète. J’suis pas vivant. J’suis un battement dans le vide. Une pulsation sale qui refuse de mourir en silence. Et parfois, quand l’asphalte me lâche, quand le ciel s’effondre en poussière de Dieu, je parle. Je parle pour rien, mais je parle bien. J’aligne des vers comme on aligne ses morts, un par un, dans l’ordre inverse de l’espoir. J’ai plus d’adresse mais j’ai encore l’orgueil. Pas celui qu’on crie, celui qu’on chuchote quand la dignité s’fait rare. Et si tu m’as croisé — sans t’arrêter, sans t’interroger — alors t’as juste loupé le poème le plus vrai de ta journée. Je suis celui que tu croises sans jamais vraiment voir, le détail dans le décor que ta mémoire refuse d’imprimer. Je suis l’ombre assise là où ton regard glisse, le battement sale sous le silence des vitrines. Je suis pas un mendiant — je suis un rappel. Une cicatrice vivante de ce que le monde fait à ceux qui tombent mal. Je suis pas personne. Je suis tout l’monde. Je suis l’homme que tu pourrais être si t’avais une phrase de moins dans ton histoire.
You may also like

Leave a comment
Anthropoésie Je suis l’homme que le trottoir n’a pas su digérer. Je suis la poussière qui monte à la gorge du béton quand il tousse. Je suis le débris d’une promesse, échoué au bord d’un monde trop bien rangé. Je dors dans des alcôves d’air où l’on étouffe sans bruit. Je dors dans l’œil vide des vitrines, où chaque reflet me rend plus flou qu’hier. Mes draps sont faits de silence — douze syllabes de vide par nuit. Et quand le vent me parle, il m’appelle par mon nom d’avant, celui qu’j’ai laissé s’éteindre entre deux gorgées de rien. J’fais pas la manche, j’fais le deuil. De vos regards. De vos “bonjour”. De vos “ça va ?” qui n’attendent pas d’réponse. Je suis l’homme en trop dans vos angles morts. L’excès de réel dans vos lendemains tièdes. Je suis l’ivresse de la chute, celle qui n’a pas d’fin, juste des recoins plus froids à chaque étage. J’ai la langue fendue par des mots qu’j’ose plus scander. Des verbes à l’imparfait du respect. Des adjectifs sans sujet. Des compléments d’objet sans objet du tout. J’ai la syntaxe défaite, mais j’parle encore. Et chaque mot que j’prononce est un vestige de l’homme que j’étais. Ma bouche est une bibliothèque brûlée. Y reste que l’écho des cendres. J’crache des images que personne n’encadre. J’fais de l’art dans des marges que personne lit. J’suis pas poète. J’suis pas vivant. J’suis un battement dans le vide. Une pulsation sale qui refuse de mourir en silence. Et parfois, quand l’asphalte me lâche, quand le ciel s’effondre en poussière de Dieu, je parle. Je parle pour rien, mais je parle bien. J’aligne des vers comme on aligne ses morts, un par un, dans l’ordre inverse de l’espoir. J’ai plus d’adresse mais j’ai encore l’orgueil. Pas celui qu’on crie, celui qu’on chuchote quand la dignité s’fait rare. Et si tu m’as croisé — sans t’arrêter, sans t’interroger — alors t’as juste loupé le poème le plus vrai de ta journée. Je suis celui que tu croises sans jamais vraiment voir, le détail dans le décor que ta mémoire refuse d’imprimer. Je suis l’ombre assise là où ton regard glisse, le battement sale sous le silence des vitrines. Je suis pas un mendiant — je suis un rappel. Une cicatrice vivante de ce que le monde fait à ceux qui tombent mal. Je suis pas personne. Je suis tout l’monde. Je suis l’homme que tu pourrais être si t’avais une phrase de moins dans ton histoire.
Voix forte Frerot cool Rap🔥🔥 BÉNI 🙏 Légende ! 👑 Champion 🏆 Respect 🤜🤛 (original: stronge voice Frerot cool Rap🔥🔥 BLESSED 🙏 Legend! 👑 Champion 🏆 Respect 🤜🤛 ) Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Je ressens ça ❤️ 💪🏻 bon travail (original: I'm feeling this ❤️ 💪🏻 bon travail ) Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Gas ⛽️
Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Slatt 💯 FEU 🔥 (original: Slatt 💯 FIRE 🔥 ) Bars: Dope 🔥 Delivery: Dope 🔥 Impression: Dope 🔥
🙏 Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Légende ! 👑 Dur 👊 LIT 🔥 (original: Legend! 👑 Hard 👊 LIT 🔥) Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Je ressens ça ❤️ (original: I'm feeling this ❤️ ) Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Bars: Dope 🔥 Delivery: Great 🎉 Impression: Dope 🔥
Legend! 👑 Bars: Perfect 💯 Delivery: Perfect 💯 Impression: Perfect 💯
Bars: Dope 🔥 Delivery: Dope 🔥 Impression: Dope 🔥