Le Naufrage

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Le Naufrage

C’était… C’était sous un ciel trop tassé, trop gris, Un ciel qui titube, un ciel qui dit rien mais qui crie. Un plafond bas, pâteux, gorgé d’absence, Un souffle sec où l’espérance se danse en transe. C’était pas l’hiver. C’était plus sévère. C’était la vie qui chavire en silence, La vie qui s’enivre, qui dérive, qui recommence. Le vent ? Le vent vibrait, viscéral, vertical, Mais c’était pas du vent… C’était l’écho lexical Des soirs où l’on trinque pour taire nos vérités, Où l’on boit pour saigner sans se faire remarquer. Et moi ? J’étais là. Pas debout. Pas couché. Juste… là. Les pieds dans le flot des faux départs, Le foie en feu, le cœur trop noir. Un naufragé du quotidien, Un môme à la dérive avec un verre en main. Chaque gorgée, chaque gorge pleine De vin, de rien, de chaînes. Et l’eau cognait… Mais c’était pas la mer. C’était les vagues internes, les hémorragies amères. J’ai vu… J’ai vu des bouteilles comme des balises, Des souvenirs qui tanguent, des promesses promises À l’oubli, Aux oublis liquides, Aux ivresses lucides Qui laissent des cicatrices solides. Et j’ai vu l’enfant, Pas loin, pas flou – non, net. Noyé dans ses propres tempêtes. Les pupilles pleines d’un futur vide, Un avenir flou qu’on dilue dans le liquide. Des corps flottants comme des mots tus, Des amours morts, des pardons non rendus. Et la mer me parlait, Mais c’était pas la mer – C’était la vie, cette garce au goût de bière. C’était l’amer qu’on boit quand l’âme prend l’eau, Quand l’alcool est l’arche et que le vide est le radeau. Je pleurais pas – je suais l’errance, Je pissais l’absence, je criais en silence. Et chaque vague, chaque claque, chaque choc Était un “je t’aime” qu’on n’a pas dit, Un "reviens" trop tard, un "pardon" trop petit. Tout tangue, Tout flanche, Tout craque. Et moi, Je bois mes manques à même la flasque. J’ai compris… Que ce n’est pas l’eau qui nous noie, Mais ce qu’on cache dedans. Ce qu’on tait. Ce qu’on boit. Ce qu’on planque sous le vent. On est tous des radeaux qui se cherchent un port, Des capitaines ivres sur des mers sans bord, Et on sombre… Encore. Encore. C’est pas la mer, frère. C’est la vie. Et c’est pas l’enfer, sœur… C’est ce qu’on boit pour rester ici.

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1 year ago

C’était… C’était sous un ciel trop tassé, trop gris, Un ciel qui titube, un ciel qui dit rien mais qui crie. Un plafond bas, pâteux, gorgé d’absence, Un souffle sec où l’espérance se danse en transe. C’était pas l’hiver. C’était plus sévère. C’était la vie qui chavire en silence, La vie qui s’enivre, qui dérive, qui recommence. Le vent ? Le vent vibrait, viscéral, vertical, Mais c’était pas du vent… C’était l’écho lexical Des soirs où l’on trinque pour taire nos vérités, Où l’on boit pour saigner sans se faire remarquer. Et moi ? J’étais là. Pas debout. Pas couché. Juste… là. Les pieds dans le flot des faux départs, Le foie en feu, le cœur trop noir. Un naufragé du quotidien, Un môme à la dérive avec un verre en main. Chaque gorgée, chaque gorge pleine De vin, de rien, de chaînes. Et l’eau cognait… Mais c’était pas la mer. C’était les vagues internes, les hémorragies amères. J’ai vu… J’ai vu des bouteilles comme des balises, Des souvenirs qui tanguent, des promesses promises À l’oubli, Aux oublis liquides, Aux ivresses lucides Qui laissent des cicatrices solides. Et j’ai vu l’enfant, Pas loin, pas flou – non, net. Noyé dans ses propres tempêtes. Les pupilles pleines d’un futur vide, Un avenir flou qu’on dilue dans le liquide. Des corps flottants comme des mots tus, Des amours morts, des pardons non rendus. Et la mer me parlait, Mais c’était pas la mer – C’était la vie, cette garce au goût de bière. C’était l’amer qu’on boit quand l’âme prend l’eau, Quand l’alcool est l’arche et que le vide est le radeau. Je pleurais pas – je suais l’errance, Je pissais l’absence, je criais en silence. Et chaque vague, chaque claque, chaque choc Était un “je t’aime” qu’on n’a pas dit, Un "reviens" trop tard, un "pardon" trop petit. Tout tangue, Tout flanche, Tout craque. Et moi, Je bois mes manques à même la flasque. J’ai compris… Que ce n’est pas l’eau qui nous noie, Mais ce qu’on cache dedans. Ce qu’on tait. Ce qu’on boit. Ce qu’on planque sous le vent. On est tous des radeaux qui se cherchent un port, Des capitaines ivres sur des mers sans bord, Et on sombre… Encore. Encore. C’est pas la mer, frère. C’est la vie. Et c’est pas l’enfer, sœur… C’est ce qu’on boit pour rester ici.

7 months ago

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